Les gratitudes, Delphine de Vigan

« Les gratitudes » c’est le titre du dernier roman de Delphine de Vigan. Ce texte prend la suite des Loyautés et s’inscrit dans un projet de tryptique. Comme à son habitude, Delphine de Vigan y raconte la vie. Ce qu’il y a de plus humain et de plus universel, elle l’extrait de l’ombre, lui donne corps, le magnifie. Dans « Les gratitudes » elle s’attaque à la vieillesse, à la fin de la vie. La narration alterne les points de vue : Marie raconte et nous livre le regard des proches, le cœur qui se crispe quand l’on voit décliner ses parents, tandis que Jérôme offre le regard objectif d’un praticien, habitué mais chaque fois si ému par les aïeux. Porté par ce binôme de narrateurs, le roman sur fond gris est tinté de sourires. Comme toujours chez De Vigan, l’histoire est triste. Mais comme toujours, les mots sont beaux, choisis. Et chaque phrase devient une maxime, un conseil de vie. Il y a aussi toujours ces petites interstices d’optimisme, ces fenêtres d’où percent les rayons d’espoir. Dans les Gratitudes plus qu’ailleurs, on trouve même de l’humour. Des rictus se forment aux quiproquos attendrissants.
« Les gratitudes » c’est donc le nouveau roman de Delphine de Vigan. Mon auteure fétiche, celle que je conseille à tout va. « Les gratitudes », j’ai eu la joie inédite de le lire avant sa sortie. « Les gratitudes » m’a pourtant laissé sur ma faim. Malgré tous ces ingrédients au travers desquels on retrouve bien la marque de notre chère auteure, le roman m’a laissé une impression d’inachevé, de brouillon trop vite achevé. Ça pourrait fendre le cœur et pourtant ça ne fait que le fendiller un peu, ça pourrait faire sourire jusqu’aux oreilles et ça ne fait que retrousser un peu les lèvres. Ça pourrait être un coup de coeur et ce n’est qu’une lecture attendue. Certains passages trouvent beaucoup d’échos, se répétent, tandis que d’autres apparaissent et disparaissent un peu maladroitement. De belles idées mériteraient d’être approfondies. Sans doute l’auteure a accéléré son rythme d’écriture, avec le pari de sortir un roman du tryptique à chaque salon du livre, ce qui se tient, mais perd en qualité. C’est pour ma part une déception, un bon roman, une bonne lecture touchante, mais qui n’est pas à la hauteur des coups de coeur immenses que De Vigan a su me procurer. On ne peut pas rafler l’or à tous les coups !

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